Le violet
Colorimétrie et perception
On appelle violet l’extrémité du spectre visible, au-delà du bleu dans les couleurs de l’arc-en-ciel, et avant les ultraviolets, complètement invisibles. La limite de longueur d’onde entre lumières monochromatiques bleues et violettes varie selon les auteurs, par exemple 446 nanomètres selon Abney, 405 nm pour Rood17, en moyenne 450 nm18. L’efficacité lumineuse spectrale de ce rayonnement est faible. À 466 nm, elle est d’environ 10 %, et décroît avec la longueur d’onde. À 405 nm, elle est inférieure à 1%. On observe plus facilement la nuance violette des lumières au-delà du bleu avec des appareils qui permettent de compenser cette faible luminosité. Dans la vie courante, on observe des violets mêlés de blanc, qui sont ordinairement des métamères qui présentent un spectre où dominent les courtes longueurs d’onde (bleus), avec une contribution des rouges. Chevreul a placé les couleurs de son cercle chromatique, obtenu par une estimation visuelle de l’écart entre les couleurs, par rapport aux raies de Fraunhofer. Son 3 bleu-violet est au milieu entre les raies G et H (431 et 397 nm) ; et le 5 violet-rouge se situe entre les raies A et B (759 et 687 nm). Son violet est donc entièrement en dehors du spectre ; c’est ce qu’on appelle en colorimétrie un pourpre ; et en effet « le violet semble partager également aussi [ l’intervalle ] du bleu au rouge19 ». Le Répertoire de couleurs de la Société des chrysanthémistes (1905) donne de nombreuses nuances de violet, avec des références aux fleurs de couleurs similaires, et aux noms sous lesquels on les trouve chez les teinturiers et marchands de couleur20. Selon les valeurs indiquées par la norme AFNOR X08-010 Classification méthodique générale des couleurs, le champ chromatique violet regroupe les couleurs des lumières dont la longueur d’onde dominante est comprise approximativement entre 380 et 466 nm et les pourpres les plus proches jusqu’à la longueur d’onde de -556 nm, les violets proprement dits occupant l’espace entre 449 et -563 nm21. En synthèse additive le violet peut être produit à l’aide d’un mélange de bleu et d’un peu de rouge ; en synthèse soustractive c’est une couleur difficile, en raison des imperfections cumulées des encres magenta et cyan qu’on y emploie. Sa couleur complémentaire est un jaune, et c’est souvent à l’opposé de cette teinte qu’il apparaît sur les cercles chromatiques d’artistes.
Les pigments
Le violet de manganèse (PV16), un violet pourpre tirant sur rouge. Sa formule est NH4MnP2O7.
Le violet de cobalt (PV14) est un violet pourpre, tirant vers le rose.
Le violet d’outremer (PV15), un violet, dérivé du bleu outremer.
Le violet de dioxazine (PV23 ou PV37), un violet bleuâtre.
Le violet de pérylène (PV29), un bordeaux sombre.
Le magenta/violet de quinacridone (PV19), qui sert de « magenta primaire ».