Le rose

La couleur rose est nommée d’après la variété la plus commune de la fleur. En français, les adjectifs de couleur qui proviennent de noms d’objets sont invariables (des robes marron, et non pas marronnes) ; « rose » est une des six exceptions à cette règle (mauve, fauve, vermeil, rose, pourpre, écarlate), et prend donc un s au pluriel : des robes roses.
Colorimétrie et perception
La norme AFNOR X 08-010 Classification méthodique des couleurs7 définit le rose comme une couleur désaturée de clarté moyenne dont la longueur d’onde dominante se situe entre 588 nm (orangé) à -499 nm (rouge-pourpre), ou -508 nm (pourpre-rouge) si elle est plus lavée de blanc. Le terme rose peut être précisé par des adjectifs comme pâle ou intense, et servir pour modifier une couleur proche comme beige, selon les caractéristiques de teinte, de luminosité et de saturation, de la teinte décrite, dans des conditions définies par la méthode8. Les limites du champ des roses sont difficiles à résumer. Du côté à tendance orangée, les incarnats incluent des rouge-orangés très désaturés ; du côté à tendance pourpre, il faut beaucoup plus de blanc pour que la couleur soit considérée rose, que pour les rouges typiques. La limite avec les beiges est incertaine, et la classification méthodique indique un espace de rose-beige. Les rose ont une clarté moyenne à élevée, quand elle diminue, les couleurs passent pour des marrons ou des clairs. Le rose est le seul cas où la couleur lavée de blanc ne porte pas le même nom que sa teinte dominante ; on ne dit pas « rouge pâle », mais rose. Selon Michel-Eugène Chevreul, étudiant au XIXe siècle les couleurs de l’Instruction générale sur la teinture des laines de 1671 le couleur de rose, le fond rose sont des rouges carmin lavés de blanc (violet-rouge à rouge), bien qu’il existe aussi un incarnat rose, rouge-orangé lavé de blanc ; parmi les « Noms de couleur le plus fréquemment usités dans la conversation et dans les livres », le chair-rose est 2 rouge 4/10 2 ton, c’est-à-dire tirant légèrement sur l’orangé ; mais les tissus roses vendus dans le commerce sont 1 violet-rouge 3 et 5 ton, c’est-à-dire à la fois plus sombres et plus violets9. Cinquante ans plus tard, en 1905, le Répertoire de couleurs de la Société des chrysanthémistes donne toute une liste de noms de couleurs correspondant à des nuances rose avec les équivalents étrangers : Blanc rosé (« rosy white »), de Rose églantine (« rosy pink »), Rose Neyron, Rose Nilsson, synonyme du Rose vif des cotons de Dolfus, Mieg & C.ie (« deep rose pink »), Rose Bégonia (« deep cerise »), Rose de Carthame, dénomination commerciale de Bourgeois (« bright rosy scarlet »), Rose saumoné (« salmon pink »), Rose vif, dégradation du rouge géranium de Lorilleux (« bright rose, light rose »), Rose Caroline, Rose Hermosa (« pale lilac rose »), Rose France synonyme du rose Bengale étudié par Chevreul (« pale reddish lilac »), Rose Hortensia, Rose doré, Rose tendre, Rose de Nymphe, Rose carné, Vieux-Rose, avec six variantes, Rose brûlé (« dark old rose »), Rose pourpré synonyme de rose fuchsine (« Purple rose, crimson pink »), Rose vineux (« deep lilac rose »), Rose lilacé (« lilac rose »), Rose malvacé (« mauve rose »), Rose violacé (« violet rose ») synonyme de amarante clair ou rose amarante (« violet rose »), dans des nuances variées en dominante, mais toutes pâles ; le Répertoire indique aussi que la Laque rose extra de Bourgeois correspond au Carmin de cochenille, et que le Rose atlas de Lefranc correspond à la couleur de la Laque de garance ou au Rose de Carthame ou au Rose Caroline, que la Fuchsine se vend aussi comme « Rose fuchsine, rouge fuchsine, rose d’aniline »10.