Jaune

Le Jaune
Colorimétrie et perception des couleurs

Les jaunes sont des couleurs dont la longueur d’onde dominante est comprise entre 573 nanomètres et 584 nm, dont la clarté est de moyenne à élevée. Les longueurs d’ondes dominantes les plus élevées sont celles des jaunes tendant vers l’orangé, comme le jaune d’or ; à l’opposé les longueurs d’ondes les plus courtes correspondent à des jaunes tendant vers le vert, comme le jaune soufre ou le jaune citron. Il y a des jaunes clairs, mêlés de blanc (désaturés) ; très désaturés, on dira couleur ivoire ; mais il n’y a pas de jaune sombre, à moins qu’il ne soit très pur. Un jaune mêlé de noir ou de gris (dans ce cas à la fois moins clair et désaturé) est un beige s’il est d’une clarté moyenne ou un kaki s’il est d’une clarté faible.
Interactions de couleurs

Le jaune est une couleur primaire, on ne peut donc pas en produire à partir de pigments ou teintures d’autres couleurs. On mélange par contre souvent un colorant jaune à d’autres pour ajuster la teinte. Les matières jaunes ternes ne manquent pas ; ces ajustements se font donc principalement pour tirer la couleur vers l’orangé ou vers le jaune-vert.
Pigments et teintures

La peinture et la teinture ont utilisé des colorants jaunes depuis des temps reculés. La teinture a surtout eu recours aux matières d’origine végétale, tandis que la peinture utilisait des minéraux broyés. Toutes ces matières demandant des préparations, parfois compliquées, la limite entre couleurs naturelles et couleurs artificielles n’est pas nette ; mais, à partir du milieu du XIXe siècle, l’essor de l’industrie chimique a produit des colorants organiques entièrement artificiels, qui, souvent, surpassent leurs prédécesseurs en éclat, en résistance à la lumière et aux lavages. Les numéros renvoient aux cotes du Colour Index. Jaunes minéraux naturels l’ocre jaune (PY43) est utilisé depuis la préhistoire et jusqu’à nos jours ; l’orpiment (ou jaune royal, jaune de Perse et Orpin de Perse, jaune d’arsenic, or des fous…), depuis l’Antiquité, a été, comme le réalgar (PY39, les deux), complètement abandonné à cause de ses multiples inconvénient : il est toxique, instable, change la couleur des autres pigments par interaction chimique (PRV3, p. 130-131). Jaunes végétaux le jaune safran (NY6) et curcuma (NY3), le jaune indien, la gomme-gutte dit aussi « jaune du Cambodge » (NY24), la quercitrine extraite de l’écorce du chêne noir appelé aussi quercitron (NY10), le jaune laque extrait de la gaude (NY2), le stil de grain extrait du nerprun des teinturiers (NY13). Jaunes minéraux de synthèse jaune de chrome (PY34), jaune de cobalt ou jaune auréolin ou Auréoline (PY40), jaunes de cadmium (PY35, PY37), jaune de nickel titane (PY53), jaune de Naples (PY41) et autres jaunes d’antimoine, jaune de bismuth (PY184), jaune de zinc ou jaune bouton d’or (PY36), jaune de baryum ou jaune de baryte (PY31), jaune de strontiane, jaune dioxine de nickel (PY153), jaune de praséodyme (PY159), jaune pridérite (PY157), oxydes métalliques jaunes (PY42, PY216). Jaunes organiques de synthèse jaunes azoïques (jaunes de Hansa (PY1, PY3, PY65, PY73, PY74, PY97), jaunes benzimidazolones (PY120, PY154, PY155), jaunes diazoïques (PY17, PY83, PY128), jaune anthraquinonique (PY108), jaunes isoindolinones (PY110, PY139), jaune azométhine (PY129, PY150), jaune de quinophtalone (PY138).
Beaux-arts

« C’est curieux la révolution amenée par l’art japonais (…) Qui est-ce qui aurait osé peindre, il y a vingt ans, une femme en robe jaune. Ca n’a pu se tenter qu’après la Salomé japonaise de Regnault, et cette introduction autoritaire dans l’art de l’Europe de la couleur impériale de l’Extrême-Orient, c’est une vraie révolution dans la chromatique du tableau et de la mode. » — Journal des frères Goncourt, 18 février 18776. Les artistes de la fin du XIXe siècle vont utiliser abondamment le jaune de cobalt. Les Tournesols de van Gogh étaient sans doute jaune impérial avant que la mauvaise tenue de ce pigment ne les ternisse7.