Bleu

Le bleu

Colorimétrie et perception

Le champ chromatique « bleu » comprend de nombreuses nuances soit saturées, comme le bleu outremer, soit désaturées, comme le bleu ciel, soit claires, soit foncées comme le bleu nuit. Il s’étend des bleu-verts ou turquoise aux bleus outremer et bleus violacés. Les longueurs d’ondes des lumières bleues s’étendent de 450 à 500 nanomètres environ1 ; la norme AFNOR X08-010 « Classification méthodique générale des couleurs » fixe ces limites de 476 à 483 nm, et de 466 à 490 nm en incluant les bleu-violet et les bleu-vert. Au contraire des rouges qui deviennent roses, les couleurs les plus lavées de blanc s’appellent toujours bleu, jusqu’à la limite avec les gris.
Discrimination des nuances de bleu

Pour les lumières monochromatiques, la discriminationd du bleu 480 nm est de l’ordre de 1 nm sur la longueur d’onde, au minimum et au même niveau que pour les orangés ; elle croît rapidement jusqu’à cinq fois cette valeur quand la longueur d’onde décroît (bleu-violet). Il semble que les cônes S de la rétine, sensibles au bleu, aient un seuil de discrimination à peu près cinq fois moindre que celle des deux autres types, M et L, sensibles au vert et au rouge4 ; mais cela ne veut pas dire que le nombre total des bleus soit moindre. La perception colorée implique toujours à la fois les trois types de cône et la partie nerveuse de l’appareil visuel5. Comme le champ chromatique des bleus n’est pas entamé par d’autres classes de couleur, comme celui des rouges l’est par celui des roses, il se pourrait qu’on y distingue autant ou plus de nuances.

Azurage

Le mot blanc suscite de nombreuses associations mentales. Du point de vue de la colorimétrie, il désigne une forte luminosité, dépourvue de sensation colorée. Mais on sait avec certitude qu’une surface légèrement bleutée est jugée plus blanche qu’une surface idéalement neutre, même plus claire6. Les lessives contiennent des grains bleus afin de donner plus de blancheur au linge (de plus une légère coloration bleue compense le jaunissement des tissus blancs). Les cachets effervescents destinés à nettoyer les appareils dentaires sont aussi colorés en bleu, pour les mêmes raisons. La pratique de l’azurage, pour obtenir une sensation de blancheur supérieure, en s’éloignant du blanc défini par l’analyse trichrome par l’ajout de bleu, témoigne d’une limite de cette description des couleurs.